Signes de rechute : repérer tôt ce qui change
Identifier ses propres signaux d'alerte permet souvent de réagir avant que l'épisode ne prenne toute la place.
Une rechute ne commence pas toujours brutalement
Chez de nombreuses personnes, un épisode dépressif, hypomaniaque ou maniaque est précédé de changements plus discrets. Ils peuvent concerner le sommeil, l'énergie, la manière de penser, les habitudes sociales, les dépenses, la motivation ou l'irritabilité.
Ces changements sont parfois si progressifs qu'ils ne deviennent visibles qu'après coup. D'où l'intérêt de revenir sur les épisodes passés : qu'est-ce qui avait commencé à changer une semaine, deux semaines ou un mois auparavant ?
Les signaux d'activation
Les signes précoces d'une phase d'activation peuvent inclure une réduction du besoin de sommeil, une accélération des pensées, une augmentation de la parole, une sensation d'urgence, davantage de projets, une hausse de la sociabilité, des achats impulsifs ou une irritabilité inhabituelle.
Le signal le plus utile n'est pas toujours le plus spectaculaire. Pour certaines personnes, le premier indice est simplement le fait de se coucher beaucoup plus tard sans fatigue. Pour d'autres, c'est le besoin soudain de réorganiser toute leur vie.
Les signaux d'une phase dépressive
Du côté dépressif, les changements peuvent être une fatigue persistante, une baisse de l'intérêt, un isolement, une difficulté à se lever, des pensées très négatives, une baisse de concentration ou un sentiment d'être dépassé par des tâches habituelles.
Le sommeil peut augmenter, devenir fragmenté ou perdre son caractère réparateur. Un ralentissement dans les échanges, l'abandon d'activités habituellement importantes ou une vision très sombre de l'avenir sont également des éléments à prendre au sérieux.
Créer une échelle personnelle de vigilance
Une méthode simple consiste à organiser les signes en trois niveaux. Vert : fonctionnement habituel. Orange : plusieurs changements apparaissent et justifient un ajustement. Rouge : les signes deviennent intenses, le jugement se dégrade, le risque augmente ou la personne ne parvient plus à maintenir ses besoins essentiels.
Cette échelle peut être écrite avec un professionnel ou une personne de confiance. Elle permet d'associer à chaque niveau des actions déjà décidées : repos, annulation de certaines sollicitations, prise de contact avec le psychiatre, aide pour les finances, surveillance accrue du sommeil, etc.
Agir tôt plutôt que fort
La prévention n'implique pas nécessairement des mesures spectaculaires. Souvent, l'intervention la plus efficace est précoce et proportionnée : réduire les stimulations, demander un rendez-vous, reprendre des rythmes plus réguliers, suspendre un projet, solliciter un proche ou vérifier l'observance du traitement prescrit avec le professionnel concerné.
Plus le plan est préparé en période stable, plus il est facile à suivre lorsque la capacité de recul diminue.
Quand l'urgence prend le dessus
La présence d'idées suicidaires, de comportements dangereux, d'une perte marquée de jugement, d'idées délirantes, d'hallucinations ou d'une incapacité à dormir pendant plusieurs jours impose une évaluation rapide. Dans ce cas, il faut contacter sans attendre un professionnel de santé ou les services d'urgence locaux.
Demander de l'aide tôt n'annule pas l'autonomie : cela peut au contraire préserver la possibilité de participer aux décisions avant que la situation ne devienne trop intense.
À retenir
Les signes de rechute sont personnels. Les connaître, les noter et les associer à un plan d'action concret transforme l'expérience passée en outil de prévention.
Note éditoriale : les informations présentées sont générales et destinées à l'information. Pour toute décision concernant un diagnostic, un traitement ou une situation de crise, adressez-vous à un professionnel de santé qualifié.